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(Tiré de Info-tabac no 72, février 2008)

(Brèves, en page 15 du bulletin imprimé)

Champix : remboursé mais surveillé

Le tartrate de varenicline, un médicament (voir Info-tabac nos 64 et 68) qui bloque l’effet de plaisir ressenti par les fumeurs, est dorénavant remboursé par le Régime d’assurance médicaments du Québec. La compagnie Pfizer, qui le commercialise sous le nom de Champix, avait soumis une demande en ce sens il y a quelques mois. Selon le Conseil du médicament – qui a suggéré au ministre de la Santé d’assurer sa couverture – il serait, du point de vue pharmacoéconomique, « une option moins coûteuse et plus efficace que le bupropion [Zyban], les traitements de remplacement de la nicotine [timbres, gommes et inhalateur] et la cessation sans assistance ».

Du côté américain, où ce comprimé est vendu sous le nom de Chantix, il est actuellement sous enquête par la FDA (Food and Drug Administration). L’agence fédérale aurait reçu plus de 5 000 plaintes de consommateurs disant avoir subi des effets secondaires différents de ceux mentionnés par le fabricant. Ces derniers pouvaient aller de pensées suicidaires à un comportement agressif, en passant par des périodes de somnolences.

Chez nous, Santé Canada avait reçu 107 rapports d’effets indésirables en association avec Champix en date du 22 novembre 2007. Parmi ceux-ci, 46 impliquaient des effets secondaires de nature psychiatrique (dépression, idées noires et agressivité). Toutefois, puisque ces données ont été recueillies par le biais de déclarations volontaires, cela ne signifie pas nécessairement que lesdits effets ont étés causés par le produit. Santé Canada évalue actuellement l’innocuité du médicament et s’il y a lieu, il avisera la population des mesures à prendre pour gérer les risques.

 

MCSF s’implante au Québec

L’organisme Médecins pour un Canada sans fumée (MCSF) a maintenant pignon sur rue à Montréal. Logé à même les locaux de l’Association pour la santé publique du Québec, son nouveau bureau est dirigé par Flory Doucas, qui a auparavant œuvré à l’Association pour les droits des non-fumeurs de même qu’à la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. Particulièrement intéressée aux questions de la promotion, du marketing et des nouveaux produits, Mme Doucas explique que c’est parce que le Québec demeure une plaque tournante pour l’industrie du tabac que son organisation a choisi de s’y installer.

Fondé en 1985, MCSF est un organisme de bienfaisance qui se donne pour mission de réduire les maladies liées à l’usage du tabac et de diminuer l’exposition des populations à la fumée secondaire. Il compte plus de 1 500 membres (tous médecins) partout au pays.

 

Cartes postales de monchoix.ca

Bien qu’il se soit montré plutôt discret au cours des derniers mois, le groupe protabac monchoix.ca – qui est financé par les trois grandes compagnies de cigarettes canadiennes – a été plutôt occupé cet automne. De la fin août au début octobre, ses membres étaient invités à envoyer des cartes postales préconçues à différents élus afin de leur faire part de certaines doléances.

Ainsi, au cours de la semaine du 26 août, ils demandaient au premier ministre canadien, Stephen Harper, de faire en sorte que la publicité télévisée de Nicorette soit retirée des ondes parce qu’ils la jugeaient « insultante » et « illégale ». Le mois suivant, c’est le chef de l’Opposition officielle du Québec, Mario Dumont, qui était sollicité. Au nom d’une « classe de gens opprimés », monchoix.ca réclamait qu’il suggère au gouvernement d’amender la Loi sur le tabac québécoise afin de permettre l’aménagement d’endroits publics réservés aux fumeurs.

 

Drogues, santé et société

Entièrement consacrée au tabagisme, la dernière édition (volume 6, numéro 1) de Drogues, santé et société – une revue scientifique multidisciplinaire publiée deux fois par année – a été lancée le 23 novembre en marge des Journées annuelles de santé publique. Né de la collaboration entre l’Institut national de santé publique du Québec et la direction de la revue, l’ouvrage de 368 pages présente 11 articles de fond sur des sujets aussi variés que la réduction des méfaits, la schizophrénie, la grossesse et la concomitance entre l’usage du tabac et de l’alcool. Plus d’une vingtaine d’auteurs incluant des médecins, des chercheurs et des gens issus du domaine de l’éducation et du milieu gouvernemental ont participé à la rédaction.

On peut télécharger les articles ou la version intégrale de la revue gratuitement au www.drogues-sante-societe.org. Quant au format imprimé, qui peut être commandé au même endroit, les individus doivent débourser 25 $ pour se le procurer tandis qu’il coûte 40 $ aux institutions, le tout excluant les frais de livraison.