(Tiré de Info-tabac no 70, septembre 2007)
(Brèves, en page 15 du bulletin imprimé)Fini les douces et légères
En vertu des ententes qu’ils ont conclues avec le Bureau de la concurrence en novembre 2006, les trois plus importants cigarettiers canadiens – Rothmans Benson & Hedges, JTI-Macdonald et Imperial Tobacco – avaient jusqu’au 31 juillet 2007 pour retirer les qualificatifs « douces » et « légères » des paquets de cigarettes. Toutefois, il ne faut pas se surprendre d’apercevoir des produits portant toujours ces appellations sur les tablettes des magasins… L’agence fédérale signalait à la fin juillet que des accords similaires à ceux signés avec les grands joueurs sont survenus avec six petits manufacturiers qui n’étaient par encore touchés par ce retrait « volontaire ». Puisque ces derniers disposeront de quelques mois pour écouler leur stock, les « douces » et « légères » ne disparaîtront pas des étalages avant la fin de décembre 2007.
Par ailleurs, le ministre de la Santé fédéral, Tony Clement, annonçait récemment son intention d’interdire les qualificatifs trompeurs à tous les produits du tabac vendus au pays. Un projet de règlement en ce sens a été déposé dans la Gazette du Canada, partie 1 du 4 août. La population dispose d’environ trois mois pour se pencher sur cette éventuelle restriction.
« Les études démontrent que de nombreux fumeurs croient à tort que les cigarettes dites "légères" ou "douces" sont moins nocives. L’entrée en vigueur
du nouveau règlement rendrait obligatoire et permanente l’interdiction d’utiliser ces termes trompeurs », a déclaré le ministre. En outre, des études indiquent que
ces descripteurs incitent les fumeurs à reporter leur décision d’arrêter et donnent une fausse image d’innocuité à un produit aussi dangereux que n’importe quelle
cigarette.
C.-B. : Santé Canada écarté du recours
Le ministère de la Santé fédéral ne sera finalement pas impliqué malgré lui dans le litige opposant Kenneth Knight à Imperial Tobacco Canada. En février 2006, M. Knight a reçu l’autorisation d’intenter un recours collectif au nom de toutes les personnes qui ont acheté, en Colombie-Britannique, des cigarettes « douces » ou « légères » manufacturées ou distribuées par la compagnie. Il soutient qu’Imperial s’est livrée à des pratiques commerciales frauduleuses en sous-entendant que les cigarettes portant ces descripteurs étaient moins nocives que les marques régulières.
Alors que les deux parties en cause tentaient de lier Santé Canada au dossier, la juge Deborah Satanove, de la Cour suprême de Colombie-Britannique, a tranché au début juillet qu’en raison de son immunité, les faits reprochés au gouvernement ne sont pas suffisants pour l’impliquer dans cette affaire.
Il est important de spécifier que le Ministère a déjà plaidé aux côtés du fabricant de cigarettes afin de tenter de faire invalider le recours alors qu’il n’était encore qu’au stade de projet. À l’époque, il s’était défendu d’appuyer le cigarettier en expliquant que la poursuite en nom collectif était trop vaste et qu’elle n’était pas la meilleure façon de régler ce différend.
Le pot : plus risqué que la cigarette
S’ils sont peu susceptibles de souffrir d’emphysème, les fumeurs de pot ne sont toutefois pas à l’abri de tout danger, révèle une étude néo-zélandaise publiée en juillet dans la revue internationale Thorax (www.thoraxjnl.com). L’obstruction des voies respiratoires causée par la fumée de cannabis serait pire que celle occasionnée par la fumée de tabac. Les chercheurs du Medical Research Institute of New Zealand estiment qu’un joint équivaudrait de 2,5 à 5 cigarettes en terme de dommages.
Dans le cadre de leurs analyses, ces derniers ont comparé quatre groupes de participants dans lesquels on retrouvait des non-fumeurs, des personnes ne consommant que du cannabis ou que du tabac, et d’autres combinant les deux substances.
Le cannabis est la drogue illégale la plus répandue dans le monde. En 2006, on estimait qu’environ 160 millions de personnes (soit 2 % de la population mondiale) en consommaient.
Retraite de Ken Kyle
Après avoir œuvré pendant plus de vingt ans au bureau d’Ottawa de la Société canadienne du cancer, Ken Kyle a tiré sa révérence à la fin juillet pour amorcer une retraite bien méritée. Ce pionnier de la lutte antitabac, qui est responsable du succès de nombreux dossiers, s’est entre autres illustré pour avoir contribué à convaincre le gouvernement fédéral d’interdire l’usage du tabac à bord des avions. En 1994, le Canada devenait le premier pays au monde à proscrire la cigarette sur ses vols nationaux et internationaux. M. Kyle a également collaboré à plusieurs procès contre l’industrie du tabac en plus de participer au processus d’adoption des projets de loi C-51, C-204 – qui visaient respectivement à proscrire la publicité protabac et le parrainage des cigarettiers, de même qu’à interdire de fumer dans les milieux de travail de juridiction fédérale – et C-71, qui est devenu l’actuelle Loi sur le tabac fédérale.
Dan Demers, qui travaillait auparavant au Conseil national de recherches, remplace M. Kyle en tant que directeur des questions d’intérêt public à la Société canadienne du cancer.