(Tiré de Info-tabac no 45, juin 2003)
(Brèves, en page 11 du bulletin imprimé)
Île-du-Prince-Edouard
Plus petite province canadienne, en territoire et en population, l’Île-du-Prince-Édouard dispose d’une loi qui protègera très bientôt l’ensemble de ses travailleurs de la fumée de tabac. Par voie de communiqué début mai, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Jamie Ballem, a annoncé que le Smoke-free Places Act, adopté en novembre 2002, allait entrer en vigueur dès le 1
er juin. Les restaurants et bars pourront toutefois disposer de salles fumeurs cloisonnées et ventilées, totalisant 25 % des places au maximum ; ces salles ne pourront pas offrir le service aux tables.
S’exprimant au nom du Conseil pour une Île sans fumée, Vicki Bryanton espère que les employeurs et exploitants de lieux publics choisiront de ne pas bâtir de pièces pour fumeurs, pour lesquelles un permis de construction est d’ailleurs requis. Quant au président de l’Association touristique de l’Île-du-Prince-Édouard, Don Cudmore, il croit que cette loi est un pas dans la bonne direction. « Nous sommes satisfaits et considérons que notre industrie peut s’adapter », a-t-il déclaré. L’appui du secteur touristique s’avérait important pour le gouvernement, puisque cette province maritime de 138 000 habitants accueille environ 1,2 million de visiteurs par année.
Connecticut, 4e État
Après la Californie, le
Delaware et l’État de New York, le Connecticut devient le 4e État américain à
bannir l’usage du tabac dans tous ses lieux publics intérieurs. Au début de mai,
le sénat et l’assemblée législative ont adopté par d’importantes majorités une
loi qui interdira de fumer dans les restaurants dès le 1er octobre prochain,
puis dans les bars à compter du 1er avril 2004. Le gouverneur John G. Rowland
l’a entérinée le 23 mai. Situé au nord-est de New York, la métropole, le petit
État du Connecticut compte tout de même 3,5 millions d’habitants.
Le militant antitabac new-yorkais Joseph Cherner, qui anime un réseau d’interventions sur Internet, prévoit une escalade dans l’adoption de lois solides de protection des non-fumeurs dans les États américains. « Les lois devraient protéger la santé de tous les travailleurs également, répète-t-il. Personne ne devrait être tenu de respirer la fumée de tabac pour garder son emploi, parce qu’elle cause le cancer, des maladies cardiaques et des maladies respiratoires. »
Le Rideau de fumée
Publié en avril aux
éditions du Seuil, en France, Le Rideau de fumée – Les méthodes secrètes de
l’industrie du tabac, de Gérard Dubois, dresse un portrait complet des
multinationales du tabac. Retraçant les débuts de l’industrie jusqu’à nos jours,
l’ouvrage est basé sur des documents internes des compagnies de cigarettes. La
préface est d’ailleurs de Jeffrey Wigand, le transfuge américain de l’industrie
ayant inspiré le film L’Initié. À dévorer comme un roman, Le Rideau de fumée
rappelle que les fabricants savent depuis fort longtemps que la cigarette cause
le cancer, crée une dépendance et tue bon nombre de ses consommateurs. L’auteur
relate également la collaboration des cigarettiers afin de se protéger des
initiatives antitabac, sans oublier les courantes questions de la contrebande et
des cigarettes douces et légères. Gérard Dubois est professeur de santé publique
et correspondant de l’Académie nationale de médecine française.
Le Rideau de fumée est distribué au Québec par Diffusion Dimédia de l’arrondissement Saint-Laurent, à Montréal. Le livre de 370 pages coûte 42 $.
Cora sans fumée à Québec
Les huit restaurants
Cora de la région de Québec deviendront complètement sans fumée à compter du 21
juin. Cette décision est en grande partie redevable aux interventions de l’Unité
québécoise de recherche sur le tabagisme, qui a répondu aux inquiétudes des
franchisés. « Avec cette transformation, les Cora de la région deviennent un
chef de file dans le domaine et la première chaîne de restaurants, avec service
aux tables, à devenir sans fumée », se félicite Élisabeth Lessard,
professionnelle à l’Unité qui a travaillé à plein temps sur ce dossier. Depuis
la mi-mai, des affiches sur les tables avertissent les clients de la nouvelle
politique. Une conférence de presse est prévue pour le 18 juin, peu avant le
retrait des cendriers.
Fondée en 1986 par Cora
Mussely Tsouflidou, cette chaîne spécialisée dans les copieux déjeuners comporte
près de 70 succursales, la plupart au Québec. La direction de la chaîne approuve
l’initiative de ses franchisés, qu’elle perçoit comme un test régional.
Les huit restaurants en question sont situés aux :
1333-B, route de
l’Aéroport, à Ancienne-Lorette ;
417, boul. Ste-Anne, à
Beauport ;
8500, boul.
Henri-Bourassa (Carrefour Charlesbourg), à Charlesbourg ;
4970, boul. de la
Rive-Sud, à Lévis ;
9515, boul. de L’Ormière,
à Neufchâtel ;
710, rue Bouvier, à
Québec ;
545, rue de L’Église
(Jardin St-Roch), à Québec ;
1020, route de l’Église, à côté du bureau du Service de lutte contre le tabagisme du Ministère, à Sainte-Foy.