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(Tiré de Info-tabac no 45, juin 2003)

(Brèves, en page 9 du bulletin imprimé)

Couillard et Williams en charge du tabac

 

Contrairement à ce qui prévalait sous l’administration péquiste, c’est le ministre en titre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui sera responsable du dossier « Tabagisme et toxicomanie », et non pas le ministre délégué à la Santé. Neurochirurgien âgé de 46 ans, M. Couillard était auparavant chirurgien-chef et directeur du Département de chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. Pour faciliter son entrée en politique, le chef du Parti libéral Jean Charest, également de Sherbrooke, lui avait destiné la circonscription montréalaise de Mont-Royal, remportée haut la main.


Le nouveau premier ministre Charest a nommé Russell Williams, député de Nelligan, au poste d’adjoint parlementaire du ministre. M. Couillard a déjà demandé à son collègue de prendre en charge certains dossiers, dont celui du tabac. Il s’agit là d’une excellente nouvelle car M. Williams connaît bien ce sujet et avait talonné les ministres péquistes en faveur d’interventions plus énergiques. Quant au poste de ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Condition des aînés, il demeure à combler suite à la démission surprise de la pharmacienne Julie Boulet, qui reste députée libérale de Laviolette.

 

 

 

Importantes baisses de livraisons


Selon Statistique Canada, les ventes totales de cigarettes de janvier à mars 2003 se montent à 8,9 milliards de cigarettes, soit 13 % de moins qu’à la même période en 2002. Quant à la production cumulative pour la même période, elle a aussi chuté de 13 %, pour s’établir à 9 milliards de cigarettes. Pour sa part, Imperial Tobacco Canada indique que dans les 12 mois précédant le 31 mars 2003, le nombre de cigarettes livrées (incluant les équivalents de tabac haché) par l’ensemble de l’industrie était de 43,7 milliards, en baisse de 10 % sur l’année précédente. Quant aux livraisons de cigarettes qualifiées « premium » (c’est-à-dire à haut profit pour les trois grands fabricants), elles sont passées de 40,5 à 34 milliards, soit une baisse intéressante de 18,5 %. Tant les rapports de Statistique Canada que les estimés du géant canadien du tabac révèlent donc des réductions remarquables de la consommation, lesquelles se confirment par les sondages sur la prévalence.

 

 

 

Peter Jackson moins chères

 

Devant le succès commercial des cigarettes moins coûteuses mises en marché par les petits fabricants, Imperial Tobacco vient d’abaisser d’environ 1 $ le prix de ses Peter Jackson pour le Québec et les Maritimes. Dans son premier bilan saisonnier de l’année 2003, ITC indique vouloir répondre à un autre grand fabricant canadien qui s’est engagé dans cette voie. Il s’agit de Rothmans, Benson & Hedges, qui offre depuis février à moindre coût des Number 7 complètement usinées. Les Number 7 étaient jusqu’alors une marque à achever soi-même, simplement en ajoutant une rondelle au filtre, histoire d’éviter une partie de la taxation. Le rapport financier d’ITC avertit les actionnaires que cette nouvelle concurrence pourrait abaisser le rendement bénéficiaire de la compagnie, lequel est actuellement très élevé (bénéfices d’exploitation record de 1,031 milliard en 2002, soit 54 % du chiffre d’affaires hormis les taxes).

 

 

 

Condamnation en Italie

 

Le 28 mars, l’Agence italienne de la concurrence a condamné Philip Morris International à une amende de 50 millions d’euros pour absence de compétition entre elle et son principal rival en Italie, le fabricant Ente Tabacchi qui appartient à l’État. Le bureau de surveillance a conclu que les deux fabricants ont harmonisé des hausses de prix de manière à freiner la concurrence tout en accaparant 90 % du marché, cela de juin 1993 à mars 2001. À titre de comparaison, au Canada, les trois principaux fabricants ont, depuis des décennies, partagé les mêmes prix et les mêmes hausses pour plus de 98 % du marché interne !

 

 

 

Dernières commandites

 

Imperial Tobacco Canada semble résignée à mettre fin à ses quelques commandites restantes d’ici le 1er octobre prochain, en conformité avec les lois canadienne et québécoise sur le tabac. Le 16 avril, par voie de communiqué, ITC annonçait qu’elle ne renouvellerait plus les activités de la Fondation mode Matinée, laquelle a versé depuis 1992 près de sept millions en soutien direct aux créateurs canadiens de mode masculine et féminine. Mais l’investissement principal du fabricant relatif à cette promotion (de plus de 50 millions, précise-t-il) a consisté surtout en placements publicitaires dans des publications grand public et en panneaux-réclame. Cette promotion associait l’image de jeunes dames élégantes au nom, logo et couleurs du paquet de cigarettes Matinée. L’Association pour les droits des non-fumeurs a réagi en rappelant que le commanditaire pouvait toujours continuer à appuyer la mode par le biais de dons philanthropiques. Il s’agit d’une alternative légale, et sans doute rentable sur le plan des relations publiques. Selon une entrevue du président d’ITC, Bob Bexon, parue dans le Journal de Montréal du 20 mai, la compagnie aurait l’intention de poursuivre les activités du Conseil des arts du Maurier sous la forme de dons corporatifs, cela sans véhiculer le nom d’une marque de cigarettes.