info-tabac

(Tiré de Info-tabac no 44, mai 2003)

(Brèves, en page 12 du bulletin imprimé)

Trottoirs sans mégots

Depuis octobre dernier, il est interdit de fumer dans certains lieux publics extérieurs couvrant le tiers de l’arrondissement de Chiyoda, au centre de Tokyo. Le règlement vise à maintenir la propreté des trottoirs et à éviter les brûlures aux vêtements des passants. En quatre mois, les officiers municipaux ont infligé aux fumeurs impénitents 2 250 amendes de 2 000 yens, soit environ 25 $ CAN. Par sympathie pour sa clientèle, Japan Tobacco (JT) a aménagé dans des parcs de la capitale nippone deux roulottes pour fumer, baptisées SmoCar. « Comme les endroits où l’on peut fumer diminuent, nous essayons de réduire l’inconfort des fumeurs », a expliqué un porte-parole du fabricant à l’Agence France-Presse. Selon une enquête de JT réalisée en 2002, 49 % des hommes et 14 % des femmes fument au Japon.

L’efficacité et la rapidité des officiers japonais à émettre des constats d’infraction aux fumeurs contrastent avec la démarche québécoise. Depuis juillet 2000, date d’entrée en vigueur des mesures pénales de notre loi sur le tabac, les inspecteurs locaux accrédités par le ministère de la Santé du Québec n’ont émis que 304 constats d’infraction (de 75 $). Il y a présentement 55 inspecteurs locaux, tels des agents de sécurité d’université, précise Chantal Maltais, chef du bureau des inspecteurs à Québec. « Le renforcement de la loi par l’émission de constats est un dernier recours, explique-t-elle. En général, les employeurs et gestionnaires de lieux obtiennent la collaboration des fumeurs par leurs politiques internes et de simples avertissements. »

 

Washington réclame 289 milliards

En mars, le gouvernement américain a évalué à 289 milliards $ le dédommagement requis des fabricants de cigarettes pour avoir utilisé des tactiques de marketing frauduleuses et trompeuses. Dans une poursuite en Cour fédérale, le département de la Justice reproche à Philip Morris, RJ-Reynolds, Brown and Williamson et Liggett Group d’avoir manipulé les niveaux de nicotine, menti à leurs clients sur les dangers du tabac, et ciblé délibérément les enfants dans leurs campagnes promotionnelles.

Déposée initialement sous l’administration Clinton, la plainte sera jugée dans le cadre d’une loi de lutte contre le crime organisé. Bien que les cigarettiers feront tout pour que cette poursuite soit rejetée, le procès devrait normalement débuter en septembre 2004. La somme de 289 milliards de dollars, US bien sûr, correspond à un demi-siècle de profits « illégalement obtenus » par les principaux manufacturiers, parce qu’ils ont vendu des cigarettes à près de 30 millions de personnes ayant commencé à fumer avant d’avoir atteint l’âge de la majorité. Le gouvernement central est sans doute jaloux du succès des 46 États qui récoltent une compensation de 206 milliards d’ici 2025 en vertu d’une entente globale conclue en 1998. Cet accord mettait fin à une kyrielle de poursuites relatives aux dépenses médicales des États, attribuables aux maladies causées par le tabagisme.