(Tiré de Info-tabac no 44, mai 2003)
(Brèves, en page 11 du bulletin imprimé)
New York sans fumée
Le 26 mars, les deux chambres législatives de l’État de New York ont adopté, par de fortes majorités, une loi interdisant de fumer dans tous les endroits publics intérieurs, incluant les bars et les restaurants. Le gouverneur George Pataki l’ayant rapidement entérinée, cette loi sera effective dès le 24 juillet. Avec 19 millions d’habitants, dont 8 millions dans la métropole New York, cet État américain devient le troisième à régir aussi complètement l’usage du tabac. Seuls la Californie et le Delaware l’ont précédé. Incidemment, cette loi mettra rapidement fin aux rares exemptions concédées par le musclé règlement de la Ville de New York, lequel est entré en vigueur au 1er avril.
Joseph Cherner, président de SmokeFree Educational Services, s’est réjoui de ce progrès. « Aucun travailleur ne sera victime de discrimination en étant obligé de respirer de la fumée de tabac à son emploi, considère-t-il. Les fumeurs resteront les bienvenus partout. Seule la fumée ne l’est plus. » Parmi la douzaine d’États se proposant d’adopter des lois complètes de protection des non-fumeurs, M. Cherner prévoit des aboutissements rapides au Massachusetts, en Floride, au New Jersey et au Maine. L’État de New York ayant une frontière commune de 100 km avec le Québec, les résidents de la Montérégie auront donc bientôt accès à des bars et des restaurants sans fumée à Plattsburgh et à Malone, par exemple.
10 milliards pour les légères
Le 21 mars, un juge du comté de Madison, dans l’Illinois, a condamné le géant américain du tabac Philip Morris à un dédommagement de 10,1 milliards $ US pour avoir trompé plus d’un million de fumeurs de cet État concernant le danger des cigarettes légères. En conséquence de ce recours collectif, la compagnie doit également rembourser la bagatelle de 1,7 milliard en frais d’avocats. Contrairement à ce qui appert dans d’autres procès, alors que l’industrie réussit à faire reporter en appel pendant des années des causes perdues, le juge Nicholas Byron a exigé du fabricant une caution de 12 milliards, payable en moins de 30 jours s’il y a appel. Le fabriquant a rétorqué que cette caution gigantesque pourrait l’acculer à la faillite et mettre en péril les versements dus aux États en vertu de l’entente globale de 1998. Les parties se sont par la suite entendues pour une caution de 6 milliards.
Colloque au féminin
En novembre 2004, la ville de Québec sera l’hôte du premier colloque international sur le tabagisme féminin. Alors que le cancer du poumon tue désormais plus de femmes que le cancer du sein en Amérique du Nord, l’écart de prévalence du tabagisme qui séparait les femmes des hommes s’est pratiquement effacé. Cette première conférence a pour but de contribuer à la recherche qui permettra de contrer graduellement ce fléau. En plus de porter sur la situation actuelle du tabagisme féminin, les discussions aborderont des sujets aussi variés que la manipulation des femmes par l’industrie, les maladies spécifiques aux femmes, la pauvreté et la cessation. Des ateliers seront offerts en français et en anglais. Chantal Levesque, de la Direction de la santé publique de Québec, et Ann Royer, de l’Unité québécoise de recherche sur le tabagisme, agissent à titre de co-présidentes du comité scientifique du colloque. Plus de renseignements dans nos prochains numéros.
MIM d'or pour jarrete.qc.ca
À l’occasion du Gala du 9e Salon des technologies numériques, présenté le 15 avril au Palais des Congrès de Montréal, le site d’arrêt tabagique www.jarrete.qc.ca a remporté le « MIM d’or » de la catégorie Institutions publiques, services gouvernementaux. Bien que ce site soit une initiative du Conseil québécois sur le tabac et la santé, le prestigieux prix récompensait plutôt sa firme conceptrice, Orénogue Interactif. Ayant reçu plus de 55 000 visiteurs en trois mois, cette création se distingue par son graphisme et par son approche interactive innovatrice. Ce projet est soutenu par le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.