(Tiré de Info-tabac no 38,novembre-décembre 2001)
La francophonie mondiale se réunira à Montréal pour contrer la pandémie du tabac par Denis Côté
Du 15 au 18 septembre prochain, soit dans à peine huit mois, de 500 à
1 000 participants sont attendus au Palais des Congrès de Montréal
pour la première Conférence internationale francophone sur
le contrôle du tabac. Ayant obtenu lété dernier
des engagements de la part des deux principaux bailleurs de fonds pressentis,
Santé Canada et le ministère de la Santé et des Services
sociaux du Québec qui investiront chacun 250 000 $ ,
les organisateurs sont aujourdhui confrontés davantage à
un défi déchéancier quà des soucis financiers.
Les dirigeants de lAssociation pour la santé publique du Québec
et de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac
(CQCT), hôtes de la Conférence, sont satisfaits du progrès
des préparatifs et ravis des appuis qui se confirment dans la francophonie.
Le président de la Conférence et coordonnateur de la CQCT, Louis
Gauvin, revient dune tournée de promotion qui la amené
en France, en Belgique, en Suisse et au Mali. « Je suis enchanté
de ces rencontres, a-t-il déclaré. Partout, mes interlocuteurs
se sont montrés enthousiasmés à lidée de partager,
en français, leurs projets et préoccupations dans la lutte contre
le tabac, et ce, dans le cadre dun grand événement international. »
La rencontre est coprésidée par le professeur Albert Hirsch pour
lEurope, sommité de la lutte antitabac en France, et par Mahamane
Cissé pour lAfrique, président de SOS Tabagisme-Mali.
À court terme, la Conférence permettra déchanger
sur les stratégies traditionnelles de lutte contre le tabagisme, en particulier
les programmes de prévention auprès des jeunes, les aides à
larrêt tabagique et la protection des non-fumeurs. Mais elle jettera
surtout un regard approfondi sur de nouvelles approches fondées sur laction
publique advocacy , laction politique et
la dénormalisation, incluant la responsabilité de lindustrie
et le contrôle du produit.
À plus long terme, ses promoteurs souhaitent renforcer le mouvement antitabac
mondial en particulier celui actif dans la francophonie ,
créer un véritable réseau des intervenants de diverses
disciplines et lancer des axes de collaboration Est/Ouest et Nord/Sud sur la
lutte contre le tabac.
Modèle québécois
Selon les continents, les populations francophones sont aux prises avec des
situations très différentes, voire extrêmes en matière
de tabagisme. Alors que le Québec ne fait que rattraper son retard dans
lAmérique du Nord anglophone, il fait par contre figure de modèle
dans la francophonie, grâce principalement à sa loi antitabac globale
adoptée en 1998 et aux budgets gouvernementaux octroyés à
ce secteur. Membre du Comité scientifique de la Conférence et
attaché au dossier du tabac à la Direction de la Santé
publique de Québec, Mario Champagne remarque que notre situation est
enviée à létranger. « En France, nos
collègues sont handicapés par une culture assez complaisante face
au tabac ; de surcroît, ils ne disposent que de subventions publiques
très marginales », remarque-t-il, après la première
réunion du Comité, en novembre.
Quant aux pays africains, leur situation est encore plus accablante. « Là-bas,
indique Fernand Turcotte, également de Québec et membre du Comité,
lindustrie du tabac est souvent perçue comme bienfaitrice. Non
seulement les fabricants sont defficaces publicitaires et commanditaires,
comme il y a quelques années ici, mais le reste de léconomie
est très faible. »
Depuis deux ans, les responsables de la Coalition québécoise multiplient
les contacts avec leurs homologues étrangers pour les impliquer dans
ce projet ambitieux et leurs démarches sont aisées et fructueuses.
Tous y voient une tribune et un forum déchanges en français,
faisant ainsi contrepoids aux autres événements du genre qui se
déroulent quasi totalement en anglais. On peut sattendre à
ce que lintérêt pour les pays en développement soit
encore plus visible à Montréal que lors des conférences
tenues en anglais, où les délégués les plus volubiles,
les anglophones, proviennent de régions aisées, à lavant-garde
de la lutte antitabac, comme les États-Unis, le Canada anglais, lAustralie
et la Grande-Bretagne. Dailleurs, lorganisation compte disposer
dun programme daide facilitant la présence de représentants
de pays en développement.
Le réseau Internet sera abondamment utilisé pour promouvoir linscription
(qui sélève à 450 $) et la participation active
à la Conférence. Le site www.cifcot.com enregistre pour linstant
les coordonnées des personnes intéressées, lesquelles recevront
par courriel un bulletin mensuel sur les préparatifs. Lensemble
du site présentera bientôt en détail la programmation et
une foule dautres renseignements pertinents.
Du lundi au mercredi (16 au 18 septembre), outre les activités sociales
ou protocolaires, le programme inclut une série de grandes conférences
plénières et une multitude de présentations en simultané.
La cérémonie de clôture comportera ladoption dune
« Déclaration de Montréal », reflétant
les vux et engagements des congressistes.
En janvier 2002, un appel aux communications sera lancé à lintention
des éventuels conférenciers dateliers ou de séances
plénières. Les aspirants sont donc priés de sassurer
dêtre bien sur la liste denvoi du bulletin de la Conférence