(Tiré de Info-tabac no 36, printemps 2001)
Investir dans la lutte antitabac est très rentable À Montréal, deux jours avant les annonces du 5 avril, un regroupement
de 90 organismes avait demandé au gouvernement québécois
de consacrer une portion importante de léventuelle hausse de taxe
à la lutte contre le tabagisme, soit 75 millions $. Formé à
linitiative de la Coalition québécoise, le groupement a
rendu publics, dune part un sondage de Léger Marketing démontrant
que la population approuverait une telle mesure, et dautre part une recherche
évaluant les économies en soins de santé découlant
dinvestissements majeurs.
Selon le sondage, 74 % des fumeurs et 79 % des non-fumeurs seraient
tout à fait, ou assez daccord, pour que « toutes
les nouvelles taxes sur le tabac servent à financer des programmes de
prévention du tabagisme et daide aux individus qui veulent cesser
de fumer ». Les 1007 répondants québécois
étaient composés de 30 % de fumeurs, ce qui semble être
la nouvelle prévalence.
Se basant sur les résultats de programmes antitabac américains,
les chercheurs du Groupe dAnalyse Économique ont calculé
les économies quentraînerait, pour le ministère de
la Santé, une chute de la prévalence de 30 à 20 %
sur dix ans, résultant dun investissement annuel de 25 millions $.
Selon les méthodes dévaluation, le bénéfice
sur dix ans le coût du programme moins les frais en soins de santé
évités irait de 245 à 769 millions $. Un effort
annuel de 75 millions $, tel que demandé, diminuerait de moitié
la proportion de fumeurs (de 30 à 15 % sur dix ans) et se solderait
en un bénéfice allant de 35 à 820 millions $.
Les investissements antitabac sont donc populaires pour le gouvernement et rentables
pour le ministère de la Santé. Les années de vie sauvegardées
et la souffrance évitée, inhérente à plusieurs maladies
liées au tabagisme, nont pas été prises en compte
dans ces calculs.
D.C.