(Tiré de Info-tabac no 36, printemps 2001)
Nouvelles brèves Pas de progrès à Genève
Si le projet de convention-cadre antitabac de lOrganisation mondiale de
la santé avançait à grands pas, comme en témoignait
la une du dernier Info-tabac, il a plutôt piétiné
lors de la deuxième séance de négociations, tenue à
Genève du 30 avril au 5 mai. Le Brésilien Celson Amorim, qui présidait
les pourparlers, a reconnu labsence de progrès, les délégations
se contentant de commenter le texte proposé, plutôt que den
négocier les termes. Il dit espérer que le traité puisse
malgré tout entrer en vigueur en 2003, tel que prévu.
La délégation américaine a été accusée
de vouloir affaiblir la convention-cadre sur de nombreux sujets cruciaux
pour peut-être éventuellement ne même pas la ratifier. Les
émissaires de ladministration Bush ont notamment dénigré
les mesures visant à éliminer les appellations trompeuses, à
mettre fin aux ventes hors taxes et à protéger les non-fumeurs,
un domaine où les États-Unis sont pourtant à lavant-garde.
Clive Bates, de lassociation anglaise ASH, a déclaré quil
serait préférable que les Américains se retirent des négociations
et poursuivent leur politique de lautruche chez eux. LAssociation
pulmonaire américaine et Campaign for Tobacco Free Kids ont aussi émis,
conjointement, un communiqué très dur dénonçant
lattitude négative de leur pays.
Ventes aux mineurs
Au Canada, cest au Québec que les détaillants vendent le
plus facilement des cigarettes aux mineurs. Selon une enquête de la firme
AC Nielson, réalisée pour Santé Canada et dévoilée
en mai, seulement 47 % des détaillants québécois respectaient
linterdiction de vendre aux mineurs en 2000, comparativement à
65 % lannée précédente. Les taux des neuf autres
provinces se situaient entre 67 et 88 %, en progression générale
depuis un an. La ville de Québec bat tous les records de désobéissance
: seulement 18 % de ses dépanneurs respectent la loi.
« Cest aberrant de constater que plus de la moitié
des commerçants au Québec ne respectent pas une loi interdisant
la vente aux mineurs dun produit mortel. Les détaillants québécois
ne prennent évidemment pas la santé des jeunes au sérieux »,
a déploré Louis Gauvin, coordonnateur de la Coalition québécoise
pour le contrôle du tabac.
De toute évidence, le système dinspection de Santé
Canada et la campagne « Opération carte didentité »
des fabricants nimpressionnent guère nos dépanneurs. Fort
dune équipe dune vingtaine dinspecteurs basés
à Longueuil et à Québec, Santé Canada a pourtant
émis pour près de 400 000 $ de contraventions en 2000 au Québec.
Selon François Damphousse, de lADNF, seule la perspective du retrait
du permis de vente de tabac, amènerait les détaillants à
corriger leurs habitudes.
Fin des « légères » en Europe
À Strasbourg le 14 mai, le Parlement européen a adopté
une nouvelle réglementation concernant la fabrication, la présentation
et la vente des produits du tabac. À compter du 30 septembre 2003 seront
interdites les mentions telles que « douces », « légères »
ou « low tar », donnant limpression quun produit
du tabac est moins nocif que les autres. Aussi, en janvier 2004, la teneur des
produits vendus en Europe ne pourra pas dépasser 10 mg de goudron, 1
mg de nicotine et 10 mg de monoxyde de carbone par cigarette.
Le changement le plus visible concerne les avertissements sanitaires, obligatoires
dès le 30 septembre 2002. Couvrant 30 % du recto et 40 % du
verso de chaque paquet, les messages seront très clairs, comme « Fumer
nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage ».
Une commission adoptera des dispositions sur lutilisation de photographies
ou dillustrations en couleur. Ces directives touchent les 15 pays membres
de lUnion européenne, totalisant 375 millions dhabitants,
dont lAllemagne, la France, lItalie, le Royaume-Uni et lEspagne.