(Tiré de Info-tabac no 31, mars-avril 2000)
Par le biais dune entrevue accordée à André Duchesne
de La Presse, parue le 5 mars, le ministre délégué
à la Santé, Gilles Baril, a révélé quil
entendait lancer très bientôt un vaste plan daction pour
consolider la lutte québécoise au tabagisme. Selon La Presse,
les trois principaux éléments de ce plan seraient une hausse des
taxes, des poursuites contre les fabricants de cigarettes et le lancement dune
nouvelle campagne de prévention. Le ministère aurait émis
un appel doffres auprès dentreprises de marketing afin de
structurer une campagne publicitaire « particulière et originale »
sur les effets du tabagisme.
Au cabinet du ministre, lattaché de presse Thierry Audin nous a
confirmé que M. Baril rendra bientôt public un plan daction,
tout en faisant connaître de nouvelles mesures susceptibles de renforcer
lacceptation et le respect de la Loi sur le tabac. Une conférence
de presse serait alors convoquée « à tout moment
dici lété, peut-être la semaine prochaine »,
a déclaré M. Audin.
Respect de la loi
Il semble que la Loi sur le tabac commence à être assez
bien respectée dans les lieux de travail, si lon en juge daprès
un sondage Tendances 2000 de Léger & Léger, publié
dans Le Journal de Montréal du 22 mars. À la question « Est-ce
que les gens dans votre milieu de travail respectent la nouvelle loi au sujet
de la cigarette ? », 54 % des 500 adultes interrogés ont
répondu oui, 19 % ont dit non et 25 % ne travaillaient pas ; 2 %
nont pas répondu.
Les hommes (24 %) plus que les femmes (14 %) affirment que la loi nest
pas respectée dans leur milieu de travail. Cette différence doit
sexpliquer par les types demplois traditionnellement exercés
par les femmes (dans les magasins, les bureaux, le secteur de la santé,
etc.), dans lesquels on est plus réfractaires à la fumée.
En distribuant les personnes qui travaillent et ont répondu, on arrive
à un taux de respect de 74 % contre 26 % pour le non-respect. Bien
que le nombre de répondants ne soit pas élevé, ce genre
de sondage omnibus donne un aperçu spontané et assez honnête
de lopinion, car il couvre plusieurs sujets et nest pas commandité
par une organisation impliquée en tabagisme.
Même si le taux de désobéissance à la loi serait
encore assez élevé, à 26 %, on constate aisément
que la protection des non-fumeurs a fait un bond de géant au Québec
en quelques mois à peine. Selon les rares sondages déjà
effectués à ce sujet par le passé, moins de la moitié
des travailleurs profitaient de lieux sans fumée avant la Loi sur
le tabac.
Il est probable que lentrée en vigueur des sanctions pénales,
de même que larrivée de lété, seront
deux facteurs qui entraîneront beaucoup dautres employeurs à
interdire la cigarette au travail au cours des prochains mois.
500 000 fumeurs veulent arrêter
Un autre sondage Tendances 2000 de Léger & Léger, cette fois
publié dans Le Journal de Montréal du 17 janvier, arrive
à un résultat encore plus spectaculaire en faveur de la loi. À
la question « Avez-vous lintention darrêter
de fumer suite à ladoption de la nouvelle loi réglementant
lusage du tabac dans les lieux publics ? », pas moins de
27 % des fumeurs ont répondu oui, 70 % ont dit non, et 3 % ne le
savaient pas.
Même si elle nétait fondée que sur environ 155 répondants
(les 31 % de fumeurs parmi 500 adultes interrogés), cette question donne
lampleur du potentiel de la loi en faveur de la réduction du tabagisme.
Si effectivement 27 % des fumeurs québécois rompaient avec
leur habitude, leur nombre chuterait denviron 500 000 et leur proportion
de 33 à 24 %. De surcroît, de nombreuses personnes qui ont répondu
« non » à la question pourraient également
désirer arrêter de fumer, mais en étant motivées
par dautres raisons que lentrée en vigueur de la loi.
Deux nouveaux outils
En janvier, le Service de la lutte au tabagisme a rendu disponibles deux nouveaux
outils à lintention des gestionnaires de lieux visés par
la Loi sur le tabac. Au cahier de modalités dapplication, au dépliant
pour le public et à laffiche dinterdiction, viennent de sajouter
un cahier de conseils sur limplantation et des carnets de 15 billets davertissement.
Ces billets de courtoisie signalent aux fumeurs quils se trouvent dans
une zone dinterdiction et leur rappellent le bien-fondé de la loi.
On peut commander ces outils par téléphone, au (418) 646-9334,
ou par télécopieur au (418) 646-1680.
Pas de plaintes par Internet
Info-tabac avait placé à la page dentrée de son site
Internet, au www.arrete.qc.ca,
une boîte aux lettres par laquelle il était possible dacheminer
une plainte pour non-respect de la loi au ministère de la Santé.
Nous avons été avisés que les plaintes reçues par
courriel se devaient dêtre validées par un appel téléphonique
à un agent du ministère. Sur son site Internet (www.msss.gouv.qc.ca/loi-tabac),
le Service de la lutte au tabagisme prévient même de ne pas lui
envoyer de plaintes ou de requêtes de renseignements par courriel, mais
dutiliser plutôt le bon vieux téléphone, en composant
le numéro sans frais 1 877 416-8222, ou pour la région de Québec
le (418) 646-9334.
D.C.