(Tiré de Info-tabac no 30, janvier-février 2000)
La mortalité attribuable au tabac a augmenté au Canada depuis quelques années, toutefois beaucoup moins chez les hommes que chez les femmes. Il est même à prévoir quelle diminuera chez les hommes au début du nouveau millénaire. Néanmoins, chez les femmes, lavenir est moins heureux car la mortalité attribuable au tabac devrait continuer à augmenter pour atteindre un taux équivalant à celui enregistré chez les hommes et voire même le dépasser. Cest ce que révèlent les chercheurs Eva Illing et Murray Kaiserman, de Santé Canada, dans une étude publiée en novembre 1999 dans la revue Maladies chroniques au Canada.
Dans lensemble, on y apprend que, pour 1996, des facteurs attribuables au tabagisme sont à lorigine de 29 229 décès chez les hommes et de 15 986 décès chez les femmes, pour un total de 45 215. Néanmoins, le nombre de décès dus au tabagisme chez les femmes a connu une progression fulgurante de 77 %, passant de 9 009 en 1985 à 15 986 en 1996, contrairement à la population masculine pour laquelle les décès ont varié de 28 321 à 29 229.
Ce rapport précise que cette hausse dans la population féminine est imputable à une augmentation des cancers, des maladies cardio-vasculaires et des maladies respiratoires.
Dautres études confirment cette prévision quant à laugmentation de la mortalité et de la morbidité au sein de la population féminine. En effet, le gouvernement canadien et divers groupes de lutte contre les maladies du coeur, en collaboration avec Statistiques Canada, ont constaté que la proportion des fumeuses chez les adolescentes a augmenté de 30 % ces dernières années contre 17 % chez les jeunes garçons. Cest dire que 23 % des adolescentes et 21 % des adolescents fument. À moins dun revirement des tendances, ces jeunes filles arriveront en tête de peloton des maladies liées au tabagisme dici quelques décennies.
Au Québec en 1996, les décès attribuables au tabagisme,
chez les adultes de 35 ans et plus, sont évalués à 5 349
causés par le cancer, à 4 415 par les maladies cardio-vasculaires,
et à 2 407 par les maladies respiratoires, pour un de total de 12 171
(4 027 femmes et 8 144 hommes). Cette évaluation exclut les
décès associés au tabagisme passif, dont la mort subite
du nourisson.
L.D.