(Tiré de Info-tabac no 28, septembre-octobre 1999)
La France a annoncé que la lutte contre le tabagisme était une priorité nationale. Elle a mis en place un plan qui comprend trois axes principaux : linformation de la population, la protection des non-fumeurs et laide au sevrage tabagique.
Le secrétaire dÉtat à la Santé et à lAction sociale, Bernard Kouchner, était fier de faire connaître, le 26 mai dernier, cette initiative pour un monde sans tabac. « La France doit apporter un appui explicite, durable et énergique à la lutte contre le tabagisme » a-t-il lancé en ouverture de son discours.
Soulignant linitiative de lOrganisation Mondiale de la Santé (OMS) pour un monde sans tabac, M. Kouchner a reconnu que le tabagisme est un problème de santé publique « unique ». « Il tue les consommateurs habituels et est nocif pour les proches exposés à la fumée secondaire. »
Le secrétaire dÉtat a aussi précisé quen France, le tabagisme est la première cause de mortalité « évitable » et quil touche particulièrement les adolescents et ce, dès lâge de 14 ans. Comparativement, 60 % des jeunes français de 18 ans fument contre 25 % dans les pays scandinaves.
Par ailleurs, une femme enceinte sur quatre sadonne à la cigarette. Chez les personnes en situation de précarité, on observe plus de 50 % de fumeurs.
Lobjectif du plan de lutte est de diminuer de 5 % chaque année la consommation globale de tabac, dun tiers le nombre de fumeurs chez les adolescents, et de moitié le nombre de fumeurs parmi les femmes enceintes dici trois ans, a-t-il précisé.
Déclarant que le sevrage tabagique est une priorité de santé publique, le gouvernement a confirmé son engagement à favoriser laccès aux traitements par la création de 150 nouveaux centres de sevrage.
De plus, des opérations nationales visant les jeunes et particulièrement les femmes enceintes, prennent leur envol. En outre, une campagne dinformation sur la dépendance tabagique destinée aux médecins est mise sur pied et de la formation sera offerte. « Il est aujourdhui démontré quun simple dialogue sur les risques liés au tabagisme, sur lintérêt dun arrêt, ce que lon nomme « le conseil minimal », aboutit à une démarche de sevrage chez 8 % des fumeurs. Alors quun médecin sur trois fume, il convient de mobiliser la communauté soignante », a affirmé M. Kouchner.
Une formation est aussi proposée aux enseignants des classes primaires afin quils amplifient les actions de prévention en milieu scolaire.
Prêchant par lexemple, le gouvernement sest par ailleurs engagé à « veiller à la bonne application de la loi au sein de ladministration et des établissements publics et organismes dont il a la tutelle », a poursuivi le secrétaire dÉtat.
Dans cette veine, le premier ministre a confié au député Alfred Recours une mission temporaire sur la fiscalité des produits du tabac. Les prix des produits du tabac vont augmenter significativement.
Cette volonté gouvernementale demande de quintupler le budget de la lutte contre le tabagisme.