info-tabac

(Tiré du supplément sur les mises en garde de santé sur les paquets de cigarettes canadiens, Info-tabac no 47, novembre 2003)

 

Des messages efficaces           

Les fumeurs lisent-ils les messages imprimés sur les paquets de cigarettes ? Est-ce que ces avertissements les incitent à arrêter ? Et quels impacts ces messages ont-ils dans la société ?

           

À la fin de 2001, quelques mois après l’introduction des nouveaux emballages sur le marché, la Société canadienne du cancer commandait un sondage d’opinion à la firme Environics.

           

Grâce aux avertissements, 44 % des fumeurs se sentent plus motivés à arrêter de fumer. Parmi ceux qui ont pris la décision d’écraser, plus du tiers considèrent que les avertissements ont été un facteur dont ils ont tenu compte.          

 

Le quart des fumeurs a fumé moins souvent à l’intérieur de la maison. Quand ils voient les images et les textes, l’effet peut être immédiat. Un fumeur sur cinq a déjà demandé, au moins une fois, un paquet différent parce qu’il n’aimait pas l’avertissement apposé. La même proportion a déjà pris son emballage pour en fumer une, mais s’est arrêté, et l’a mis de côté en voyant le message santé. Certains (17 %) ont éloigné leur paquet parce qu’ils ne voulaient pas que les autres voient l’avertissement.

           

Les deux messages les plus efficaces sont celui qui dépeint un cancer de la bouche et celui qui montre une tumeur au poumon. Les avertissements ont aussi augmenté les connaissances des fumeurs sur les effets du tabac : 35 % en savent plus, 58 % y pensent plus, et 43 % en sont plus préoccupés. Les trois-quarts des fumeurs se disent en faveur de ces renseignements détaillés sur la santé.

           

Pour au moins 75 % de la population, les avertissements donnent l’occasion de discuter de l’effet nocif du tabac.

Les ventes de cigarettes ont baissé de 5 % durant le premier trimestre 2002, première période complète après l’introduction des avertissements.

           

« Quand nous nous sommes battus pour obtenir ces avertissements, dit Peter Holt de l’Association pour les droits des non-fumeurs, nous voulions aussi rejoindre les non-fumeurs : les pères, les mères, les professeurs, etc. Car ce sont eux qui sont les mieux placés pour convaincre les jeunes du danger du tabac et pour les motiver à ne pas commencer. »

           

Ayant analysé les commentaires de 56 groupes de discussion tenus dans sept pays européens, une étude anglaise, dévoilée en août 2003, conclue que des mises en garde illustrées pourraient être la meilleure manière de convaincre les fumeurs de mettre fin à leur habitude. Les chercheurs avaient présenté les avertissements canadiens à des Européens de 16 à 64 ans.

           

Preuve de leur popularité, nos avertissements ont aussi suscité beaucoup d’imitations et même de caricatures. Le slogan « Le danger croît avec l’usage » a été repris avec humour dans bien des conversations. Il a inspiré le titre d’une émission à Télé-Québec. En 2001, une campagne de publicité de la boisson Sloche, vendue dans les dépanneurs Couche-Tard, s’est retrouvée sur des panneaux publicitaires. « La sloche gèle le cerveau ! », y lisait-on à côté d’une image imitant celle des avertissements.

           

De plus en plus de gens sont convaincus des effets nocifs du tabac. On ne peut plus les contester, comme les fabricants l’ont fait autrefois. Et c’est probablement cette conviction répandue qui amène les citoyens à accepter les mesures sévères concernant le tabagisme dans les lieux publics et la publicité des cigarettes.