info-tabac

(Tiré du supplément sur les mises en garde de santé sur les paquets de cigarettes canadiens, Info-tabac no 47, novembre 2003)
 

Dépendant pour longtemps

C’est la nicotine que les personnes recherchent en fumant. C’est elle qui leur donne une sensation de bien-être. Mais c’est elle aussi qui crée une forte dépendance. Les plants de tabac en contiennent naturellement. Cette drogue appartient à la même famille de produits que la quinine et la morphine. Dans la fumée de tabac, la quantité de nicotine varie de 0,1 mg à 1,5 mg par cigarette.

           

À l’intérieur des poumons, la nicotine est absorbée rapidement. En moins de 8 secondes, elle est transférée dans le sang et rejoint le cerveau. Celui-ci libère alors des substances qui entraînent une sensation de plaisir et d’énergie. Les fumeurs ressentent ce qu’on appelle un « high » ou un « buzz ». En moins d’une demi-heure, le « high » disparaît et le fumeur se retrouve déprimé et fatigué, ce qui le pousse à allumer une autre cigarette. L’accoutumance est cette succession de stimulation et de dépression sans fin. Malheureusement, le corps développe graduellement une tolérance à la nicotine, c’est-à-dire qu’il s’habitue à en recevoir sur une base régulière.

           

Les fumeurs deviennent habiles à doser la quantité de nicotine qu’ils inhalent, en modifiant leur façon de fumer ou le type de cigarettes. Quand ils sont privés de tabac pour un moment, leur organisme est en manque, parce que le niveau de nicotine dans le sang est trop faible. Ils ont alors tendance à inhaler plus profondément et à garder la fumée plus longtemps dans leurs poumons, pour fournir au cerveau la stimulation qu’il exige.

           

À cela s’ajoute une dépendance psychologique. Prendre une cigarette avec son café du matin ou avec une bière dans un bar deviennent des gestes indissociables.

           

Certains fumeurs considèrent la cigarette comme un bon ami, qui les soutient dans les moments difficiles ou qui accroît leur plaisir dans les bons moments. Pas surprenant que ce soit si difficile d’arrêter de fumer. C’est aussi difficile que pour l’héroïne ou la cocaïne.

 

Difficile, mais possible …

Durant les trois ou quatre premiers jours après sa dernière cigarette, le fumeur subit les malaises du sevrage, dont les plus fréquents sont : anxiété et irritabilité, nervosité et agitation, difficulté à se concentrer, troubles du sommeil, faim et soif, maux de tête, colère, agressivité et sentiments négatifs. Pour combattre ces symptômes désagréables, des moyens existent : s’occuper, respirer profondément, boire de l’eau, manger sainement et lentement.

           

Afin de faciliter la transition, les pharmacies vendent des aides bien utiles : des timbres cutanés (patchs) ou de la gomme qui fournissent temporairement à l’organisme la nicotine qu’il réclame, sans aucune des autres substances dommageables.

           

Véritable esclavage, on ne se débarrasse pas facilement du tabagisme. La plupart de ceux qui ont arrêté de fumer ont fait quelques rechutes avant de réussir définitivement.

           

En plus de subventionner les supports pharmacologiques à l’arrêt tabagique, le ministère de la Santé du Québec soutient le site www.jarrete.qc.ca, la ligne J’arrête au 1 888 853-6666, et les Centres d’abandon du tabagisme des CLSC, dont les services sont gratuits.

           

On trouvera sur notre site Web, à www.info-tabac.ca/aide.htm, une liste de ressources gratuites pour aider les fumeurs, notamment les services en ligne de Santé Canada, titrés « Cesser de fumer ».