(Tiré
du supplément sur les mises en garde de santé sur les paquets de cigarettes
canadiens, Info-tabac no 47, novembre 2003)

Merci de ne pas m’empoisonner
Quand la fumée d’un feu de camp ou d’un foyer se dirige vers nous pendant quelques instants, nos yeux piquent et nous nous mettons à tousser. Il n’est donc pas surprenant que la fumée du tabac répandue dans l’air ambiant nuise à tous ceux qui la respirent.
Cette fumée secondaire provient directement des cigarettes, cigares et pipes qui brûlent entre les bouffées. Une autre partie est rejetée dans l’air par les fumeurs lorsqu’ils expirent la fumée.
Les produits toxiques sont en plus grandes quantités dans la fumée secondaire que dans la fumée inhalée directement par un fumeur. Effectivement, ce dernier aspire chaque cigarette pendant une moyenne de 30 secondes au total, tandis qu’elle brûle par elle-même pendant une douzaine de minutes. De surcroît, parce qu’elle est produite par une combustion à plus faible température, la fumée secondaire contient jusqu’à deux fois plus de goudron et cinq fois plus de monoxyde de carbone pour un même volume.
La fumée ambiante a les mêmes conséquences chez les non-fumeurs que chez les fumeurs, mais dans des proportions bien inférieures. Grosso modo, selon la moyenne des études reconnues, un non-fumeur décède de la fumée des autres (principalement de crises cardiaques) pour dix fumeurs victimes du tabac. Dans son mémoire sur la Loi sur le tabac, en mai 1998, le Conseil des directeurs de santé publique a estimé qu’au moins 1 100 Québécois décédaient chaque année à cause de leur exposition à la fumée des autres.
Plus de gens meurent d’un cancer lié à la fumée secondaire que de la pollution provenant de l’amiante, des BCP et de tous les autres polluants réunis. Les risques pour la santé d’un lieu enfumé sont cent fois plus élevés que ceux d’un édifice contenant de l’amiante. C’est la source la plus importante de pollution de l’air intérieur. Les employés des restaurants et des bars voient leur risque de cancer du poumon dépasser de 50 % celui de la population en général.
Côté prévention, la simple séparation des fumeurs et non-fumeurs dans la même pièce ne donne pas une protection significative. Longtemps après que les cigarettes se soient éteintes, les gaz et les particules restent en suspension dans l’air ou collés aux murs et aux meubles
Au Québec, la loi réglemente l’usage du tabac dans les lieux publics. Depuis décembre 1999, la plupart des lieux de travail doivent être exempts de fumée de tabac. Et depuis de décembre 2001, les nouveaux restaurants, de même que ceux faisant l’objet de rénovations majeures, doivent séparer leur section fumeur par des murs complets, et la munir d’une aération indépendante. Devenant la norme ailleurs en Amérique du Nord, la restauration entièrement sans fumée est bien sure légale et encouragée. Quant aux bars québécois, ils sont présentement exemptés de la loi, contrairement à ce qui appert chez nos voisins de Cornwall, d’Ottawa, et des États de New York et du Maine. Le nouveau gouvernement libéral ontarien s’est d’ailleurs engagé à éliminer la fumée des bars et des restaurants avant 2007.
Selon un sondage de Léger Marketing tenu en mai 2002, fumer est banni dans seulement 36 % des résidences du Québec, alors que la proportion monte à 68 % en moyenne dans le reste du pays.
